Aimé Jules Dalou - Sèvres 1908 - Homme appuyé sur une pelle

Aime Jules Dalou - Sevres 1908 - Man leaning on a shovel

Aimé Jules Dalou - Sèvres 1908 - Homme appuyé sur une pelle
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Aimé Jules Dalou.

Statuette en grès de la manufacture nationale de Sèvres 1908 représentant un terrassier appuyé sur une pelle des deux mains.

Cette œuvre est signée "DALOU" sur la base à l'arrière et marquée "S1908".

Éclat au chapeau et un léger éclat sur la base.


Dimensions :

Hauteur : 17.5 cm.

Largeur : 8.5 cm.

Profondeur : 6.5 cm.


Biographie :

Aimé-Jules Dalou, dit Jules Dalou (1838-1902) est un sculpteur français, né d’artisans gantiers protestants qui l’élèvent dans la laïcité et l’amour de la République. Jules Dalou montre très jeune des dons pour le modelage et le dessin, ce qui lui vaut l’attention de Jean-Baptiste Carpeaux, lequel le fait entrer en 1852 à la Petite École, future École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. En 1854, il est admis à l’École des beaux-arts de Paris où il étudie la peinture dans l’atelier d’Abel de Pujol et la sculpture dans l’atelier de Francisque Duret. Il commence à gagner sa vie en travaillant pour des ornemanistes. C’est chez l’un d’eux que débute son amitié avec Auguste Rodin. Dalou produit alors de la sculpture décorative pour des immeubles sur les grandes avenues parisiennes, tel l’hôtel de La Païva, avenue des Champs-Élysées. Il se présente quatre fois, sans succès, au concours du prix de Rome, mais présente au Salon de 1869 un Daphnis et Chloé, et La Brodeuse au Salon de 1870, deux pièces acquises par l’État. Dalou n’aura qu’un enfant, Georgette, une fille née avec un handicap mental. C’est pour assurer le financement de l’hébergement à vie de sa fille par l’Orphelinat des Arts que Dalou a légué le fonds de son atelier à cette institution.


Au lendemain de la Semaine sanglante de mai 1871, Dalou, sa femme et leur fille sont menacés en tant que Communards, contraints à l’exil et demandent le droit d’asile. Ils rejoignent alors l’Angleterre et sont accueillis par son ancien condisciple de la Petite École, le peintre Alphonse Legros. Grâce à Legros, très introduit à la City, il réalise une série de statuettes en terre cuite inspirées par les paysannes boulonnaises ou par des sujets intimistes (Liseuse, Berceuse), et des portraits de l’aristocratie anglaise. Devenu professeur de modelage à la National Art Training School, son influence est déterminante auprès des sculpteurs britanniques. Il reçoit la commande d’une fontaine publique en marbre intitulée Charity (1877) près du Royal Exchange à Londres, et d’un monument pour la reine Victoria dédié à ses petits-enfants situé dans la chapelle privée de Frogmore au château de Windsor.


En mai 1874, le Conseil de guerre de Paris le condamne aux travaux forcés à perpétuité par contumace. Ayant refusé de demander grâce, ce n’est qu’en mai 1879, après avoir été amnistié sous la présidence de Jules Grévy que Dalou et sa famille rentrent enfin d’exil. Son groupe Le Triomphe de la République, prévu à l’origine pour la place de La République, est finalement érigé sur la place du Trône, renommée place de la Nation en 1880. Dalou consacrera vingt ans à la réalisation de ce monument. Les années1881 et 1882 sont difficiles, mais le Salon de 1883 le révèle enfin au grand public français. Il y expose ses deux haut-reliefs : La Fraternité des Peuples et Mirabeau répondant à Dreux-Brézé, pour lequel on lui remet la médaille d’honneur. Fuyant le monde et vivant en famille, Dalou se livre à un labeur considérable répondant aux nombreuses commandes tant privées que publiques.


Pour l’Exposition universelle de 1889, on inaugure sur la place de la Nation le plâtre du Triomphe de la République commandé par la ville de Paris en 1879. Bien que la version bronze du groupe ne fût inaugurée qu’en 1899, cette œuvre remporte le grand prix de sculpture de l’exposition. Dalou quitte la Société des artistes français en 1890 pour exposer désormais à la Société nationale des beaux-arts, dont il est membre fondateur avec Ernest Meissonier, Auguste Rodin et Pierre Puvis de Chavannes. Nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1883, puis promu officier par le président Carnot en 1889, il est élevé au grade de commandeur du même ordre en 1899 par le président Loubet lors de l’inauguration de son monument du Triomphe de la République.


Dalou n’a pas le temps de mener à bien son dernier grand projet, un Monument aux Travailleurs (ou Monument aux Ouvriers), dont l’idée lui vient en 1889 au lendemain de la première inauguration du Triomphe de la République. Le formalisme de la cérémonie et les défilés militaires avaient tenu le peuple à l’écart de cette manifestation officielle. Dalou en avait été déçu. Fidèle à son idéal républicain, il eut souhaité que cette inauguration soit l’occasion d’une grande fête populaire et démocratique (ce qu’elle fut lors de l’inauguration du bronze en 1899). Son idée est de rendre un hommage au monde des ouvriers, des artisans et des paysans en leur dédiant cette œuvre dont ils constituent le sujet central. À la fin de sa carrière il décrit ce projet en ces termes: « Je crois avoir enfin trouvé le monument aux Ouvriers que je cherche depuis 1889. La disposition générale tiendrait de l’insigne de Priape, Dieu des Jardins, emblème de la création, de la borne, berceau et tombe du pauvre, enfin du tuyau de l’usine, prison où se passe sa vie. Sobre, sans moulure ni ornement, je désire qu’il ait l’aspect grave et imposant, s’il se peut, que le sujet comporte. L’exécuterai-je ? Là est la question. Je suis bien âgé et de plus ma santé est bien débile ».

Les nombreuses esquisses de ce monument trouvées dans son atelier après son décès sont maintenant conservées au Musée du Petit Palais. La statue du Grand paysan (vers 1897-1902, Paris, musée d’Orsay)préfigure les personnages qu’il projetait de placer dans les seize niches entourant la colonne, le monument devant mesurer 32 mètres de haut.


Modèle similaire reproduit dans Jules Dalou, "Le sculpteur de la République", Exposition au Musée du Petit Palais, Paris, 2013, page 253, n°180.

Ainme Jules Dalou

Statuette in sandstone from the Sèvres National Manufactory 1908representing a digger leaning on a shovel with both hands.

This artwork is signed "DALOU" on the base at the back and marked "S1908".

A chip on the hat and a slight chip on the base.


Dimensions:

Height: 17.5 cm.

Width: 8.5 cm.

Depth:6.5 cm.

Biography :

Aimé-Jules Dalou, said Jules Dalou (1838-1902) was a French sculptor, born from Protestants glovers craftsmen who raised him in secularism and love of the Republic. Young Jules Dalou was very talented for modeling and drawing, which earned him the attention of Jean-Baptiste Carpeaux, who made him entered in 1852 in the Little School, the future National School of Decorative Arts in Paris. In 1854, he was admitted to the School of Fine Arts in Paris, where he studied painting in the workshop of Abel de Pujol and sculpture in the workshop of Francisque Duret. He began to earn his living by working for decorators, and began his friendship with Auguste Rodin. Dalou then produced decorative sculptures for buildings on major Parisian avenues, such as the Hotel de la Paiva, on the Champs-Elysees Avenue. He presented but failed four times to Rome prize competition, but exhibited at the 1869 Salon his "Daphnis and Chloe" and the "Embroiderer" at the Salon of 1870, two pieces acquired by the French State. Dalou had one child,Georgette, a girl born with a mental handicap. This is to ensure funding for her daughter's life accommodation in the Orphanage of Arts, that Dalou bequeathed the funds from his workshop to this institution.


After the bloody week of May 1871 Dalou, his wife and their daughter were threatened as Communards, forced into exile and requested asylum. They then joined England and were greeted by his former fellow of the Little School, the painter Alphonse Legros. With Legros, much introduced in the City, he made a serie of terracotta statuettes inspired by boulonnaise peasants or intimate subjects (readers, lullabies), and portraits of the English aristocracy. He became professor for modeling at the National Art Training School, his influence was decisive for many British sculptors. He received orders for a public fountain in marble titled "Charity" (1877) near the Royal Exchange in London, and a monument dedicated to Queen Victoria's grandchildren located in the private chapel of Frogmore at Windsor Castle.


In May 1874, the Paris War Council condemned him in absentia to hard labor for life. Having refused to beg for mercy, he was being granted amnesty only in May 1879, and his family finally returned from exile. His group "The Triumph of the Republic", originally planned for the Place de la Republique in Paris, was finally erected on the Place du Trône, renamed Place de La Nation in 1880. Dalou devoted twenty years to the realization of this monument. The years 1881 and 1882 were difficult, but the 1883 Salon finally revealed him to the French public. He exhibited his two high reliefs: "The Brotherhood of Peoples" and "Mirabeau answering Dreux-Brézé", for which he was awarded the Medal of Honor. Fleeing the world and living in family, Dalou engaged in considerable work and many orders both private and public.

For the Universal Exhibition of 1889, was inaugurated on the Place de la Nation the plaster of "The Triumph of the Republic" commissioned by the city of Paris in 1879. Although the bronze version of the group was inaugurated in 1899, this work won the grand prize for sculpture in the exhibition. Dalou left the French Society of Artists in 1890 to expose at the National Society of Fine Arts, of which he was a founding member with Ernest Meissonier, Auguste Rodin and Pierre Puvis de Chavannes. Awarded Knight of the Legion of Honor in 1883, and promoted to officer by President Carnot in 1889, he was elevated to the rank of Commander of the same order in 1899 by President Loubet at the inauguration of the monument of "The Triumph of the Republic".


Dalou had no time to complete his last great project, a monument dedicated to workers, the idea came to him in 1889 after the first opening of "TheTriumph of the Republic". The formality of the ceremony and military parades held the people away from the official event. Dalou was disappointed. True to its republican ideals, he had hoped that this inauguration was an opportunity of great popular democratic party (as it was at the inauguration of the bronze in 1899). His idea was then to pay tribute to the world of workers, craftsmen and peasants with this work being the central subject. At the end of his career Dalou described the project as follows: "I think I have finally found the monument to the workers that I seek since 1889. Sober, without molding or ornament, I wish it'd be severe and imposing. Will I execute it? There is the question. I am old and my health is so weak."


The numerous sketches of the monument found in his studio after his death are now preserved in the Musée du Petit Palais in Paris. The statue of the Great Peasant (around 1897 to 1902, Paris, Musée d'Orsay) prefigures the characters he planned to place in the sixteen niches surrounding the column, a monument of 32 meters high.

Documentation: Jules Dalou, "Le sculpteur de la République", exhibition in the Musée du Petit Palais, Paris, 2013.

Époque :

20e siècle

Prix :


Sur demande

500

Vendu

Time :

20th Century

Price :

On demand

500

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